
Votre enfant rentre à la maison avec un devoir d’anglais corrigé. Vous lisez les annotations rouges. “I am agree” — barré. “Actually, I am wrong” — souligné avec un point d’interrogation. “You like pizza ?” — manque quelque chose. Vous vous demandez si ces erreurs d’anglais sont des fautes d’inattention ou le signe d’un problème plus profond.
Ces erreurs courantes ne sont pas le fruit de la négligence. Ce sont les traces visibles d’une interférence linguistique entre le français québécois et la langue anglaise. Chaque faute porte l’empreinte de la grammaire française. Comprendre ces mécanismes, c’est déjà pouvoir aider votre enfant à mieux corriger sa trajectoire.
💡 Bon à savoir
D'où viennent ces erreurs : l'interférence en action
Ce n'est pas de la négligence, c'est un mécanisme neurologique
Le cerveau de votre enfant ne triche pas. Il optimise. Quand il doit produire de l’anglais, il emprunte le chemin le plus rapide : celui de la langue maternelle. Ce phénomène s’appelle le calque linguistique. L’enfant applique automatiquement les règles du français à l’anglais, surtout quand il est fatigué, pressé par une évaluation ministère ou stressé par une leçon de conjugaison anglaise.
Dans notre suivi de plus de deux cents élèves québécois, les trois erreurs linguistiques les plus fréquentes sont : “I am agree”, “Actually I am fine” (en pensant à actuellement), et l’oubli du “s” à la troisième personne du singulier. Ce ne sont pas des coïncidences. Ce sont des schémas qui se répètent parce que le cerveau francophone fonctionne avec une grammaire française différente.
La hiérarchie des erreurs : bloquantes, gênantes, mineures
Toutes les fautes ne se valent pas. Certaines empêchent la communication. D’autres nuisent simplement à l’élégance. Voici la grille que nos tuteurs utilisent pour prioriser les corrections :
🔴 Rouge — Bloquante : l’interlocuteur ne comprend pas ou comprend l’inverse. Exemple : “I am agree” (je suis d’accord) compris comme “je suis en train d’être d’accord”, ce qui n’a pas de sens. Ou “I demand a pen” compris comme “j’exige un stylo” au lieu de “je demande un stylo”.
🟠 Orange — Gênante : la phrase reste compréhensible, mais elle trahit un manque de maîtrise. Exemple : “You like pizza ?” sans “do”. Ou “I have seen him yesterday” qui mélange le présent perfect et le past simple.
🟡 Jaune — Mineure : détail à polir. Exemple : “The informations” (mot invariable en anglais). Ou une prononciation du S finale un peu trop française. Cela n’empêche pas la communication, mais cela pénalise à l’oral.
Les erreurs phonétiques : quand l'oreille française trompe la bouche
Le "th" remplacé par "z" ou "d"
Le son /θ/ de “think” n’existe pas dans la phonétique anglaise telle que l’oreille francophone l’entend. Votre enfant dit “I zink” ou “I sink” parce que son cerveau remplace le son inconnu par le plus proche connu. Même chose avec /ð/ dans “this” qui devient “dis” ou “zis”.
Cette interférence phonétique est systématique chez les élèves francophones du Québec. Elle persiste souvent jusqu’au secondaire si personne ne montre explicitement à l’enfant comment placer la langue entre les dents. La gravité est orange : si l’enfant dit “sink” au lieu de “think”, le sens change totalement.
La confusion entre /æ/ et /ɛ/
Votre enfant prononce “bad” comme “bed”. Il confond “cat” et “cut”. Le français québécois, avec ses voyelles nasales et ses diphtongues, n’a pas de son équivalent au /æ/ anglais. L’oreille francophone rapproche ce son de /ɛ/ ou de /a/. C’est une erreur courante plus fréquente au Québec qu’en France, où le français standard possède un timbre /a/ plus ouvert qui se rapproche davantage de l’anglais.
L'ajout d'une voyelle avant les mots commençant par "s" + consonne
Votre enfant dit “eschool”, “estudent”, “esport”. C’est le calque de la structure syllabique française, qui refuse les groupes consonantiques initiaux complexes. L’anglais accepte “school” et “student” sans voyelle préalable. Cette traduction directe phonétique est invisible à l’écrit, mais elle marque immédiatement l’accent francophone à l’oral.
Les erreurs grammaticales : quand la structure française s'impose
L'oubli du "do" dans les questions et les négations
En français, on demande “Tu aimes la pizza ?” ou “Parles-tu anglais ?” sans auxiliaire. L’anglais exige le do support : “Do you like pizza ?” Le cerveau francophone de votre enfant ignore cette structure parce qu’elle n’a aucun équivalent dans sa grammaire française.
Il écrit “You speak English ?” ou “I no understand” ou “She not like vegetables”. Ces fautes sont rouges. Elles touchent la structure fondamentale de la langue étrangère. Sans le “do”, la phrase n’est pas grammaticalement anglaise. C’est l’une des erreurs grammaticales les plus tenaces chez les apprenants d’anglais québécois.
Le présent utilisé pour tous les temps
Votre enfant dit “Yesterday I go to school” ou “Last year I am in 4th grade”. Il transpose le passé composé français (“j’ai mangé”, “je suis allé”) vers l’anglais en utilisant le présent. Pourquoi ? Parce que le français n’a qu’un seul passé composé pour exprimer l’accompli, alors que l’anglais distingue le past simple (“I went”) du present perfect (“I have gone”).
Cette confusion entre les temps verbaux est très pénalisée aux examens du ministère. L’enfant ne maîtrise pas la conjugaison anglaise parce qu’il ne voit pas la différence entre un fait terminé (past simple) et un lien avec le présent (present perfect). Les verbes irréguliers ajoutent une couche de difficulté : il faut mémoriser “go → went → gone” au lieu d’appliquer une règle régulière.
Les prépositions calquées du français
Le français et l’anglais n’utilisent pas les mêmes prépositions pour les mêmes idées. Votre enfant écrit “listen at the teacher” (écouter), “depend of my parents” (dépendre de), “arrive to the school” (arriver à), “look the picture” (regarder). Chaque fois, il importe la préposition française.
Voici les corrections les plus fréquentes dans les devoirs des commissions scolaires :
|
Verbe/Expression français |
Erreur calquée |
Correction anglaise |
Exemple de devoir corrigé |
|---|---|---|---|
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Écouter |
Listen at |
Listen to |
“I listen at music” → “I listen to music” |
|
Dépendre de |
Depend of |
Depend on |
“It depends of the weather” → “It depends on the weather” |
|
Arriver à |
Arrive to |
Arrive at |
“We arrive to school” → “We arrive at school” |
|
Demander |
Demand |
Ask for |
“I demand help” → “I ask for help” |
|
Rire de |
Laugh at |
Laugh at |
Correct par hasard |
|
Penser à |
Think at |
Think about |
“I think at my friend” → “I think about my friend” |
|
Parler de |
Speak about |
Talk about / Speak about |
“We speak about the movie” → “We talk about the movie” |
|
Répondre à |
Respond at |
Reply to / Respond to |
“I respond at the email” → “I reply to the email” |
L'article « the » partout ou nulle part
L’article « the » est un casse-tête pour les francophones. En français, on utilise les articles définis presque partout. En anglais, certaines catégories n’en prennent pas. Votre enfant écrit “I love the chocolate” (généralité, pas d’article) ou “I go to the school” (quand il parle de l’école comme institution, pas du bâtiment). À l’inverse, il oublie “the” quand il est nécessaire : “I read book” au lieu de “I read the book”.
Cette erreur grammaticale vient du fait que l’anglais possède un article zéro (l’absence d’article) beaucoup plus fréquent que le français. Le cerveau francophone met un article par défaut, ou l’oublie quand il devrait le mettre.
L'accord sujet-verbe et les pronoms personnels
Votre enfant écrit “He don’t like” au lieu de “He doesn’t like”. Il confond “I” et “me” dans des phrases comme “Me and my friend go”. Ces erreurs grammaticales touchent l’accord sujet-verbe et les pronoms personnels. Elles viennent du français québécois oral, où le registre familier tolère des approximations syntaxiques que l’anglais standard n’accepte pas. L’Office québécois de la langue française documente d’ailleurs certaines de ces divergences entre le français standard et le français parlé au Québec, qui se répercutent ensuite dans l’apprentissage de l’anglais.
Les erreurs lexicales : les faux amis du quotidien scolaire
Tableau des 8 faux amis les plus fréquents dans les devoirs québécois
Les faux amis sont les pièges les plus sournois. Votre enfant pense connaître le mot parce qu’il ressemble au français. Il se trompe de sens.
|
Mot français |
Ce que l’enfant écrit |
Sens réel en anglais |
Ce qu’il voulait dire |
Exemple de devoir corrigé |
|---|---|---|---|---|
|
Actuellement |
Actually |
En fait |
Currently / At the moment |
“Actually, I live in Montreal” → “Currently, I live in Montreal” |
|
Sensible |
Sensitive |
Sensible (émotif) |
Sensible (qui a du bon sens) |
“He is very sensitive” → “He is very sensible” |
|
Décevoir |
Deceive |
Tromper |
Disappoint |
“You deceive me” → “You disappoint me” |
|
Prétendre |
Pretend |
Faire semblant |
Claim / Allege |
“He pretends that he is sick” → “He claims that he is sick” |
|
Assister à |
Assist |
Aider |
Attend |
“I assist the concert” → “I attend the concert” |
|
Demander |
Demand |
Exiger |
Ask for |
“I demand a pen” → “I ask for a pen” |
|
Réaliser |
Realize |
Se rendre compte |
Achieve / Make |
“I realize my project” → “I achieve my project” |
|
Passer (du temps) |
Pass |
Réussir / Passer (transitif) |
Spend |
“I pass my time reading” → “I spend my time reading” |
Ces erreurs lexicales sont souvent rouges quand elles changent complètement le sens de la phrase. Dire “I demand a pen” donne l’impression que l’enfant est agressif. Dire “You deceive me” accuse quelqu’un de mensonge. Le contexte scolaire amplifie le risque parce que l’enfant n’a pas l’expérience corrective des médias anglais ou des conversations informelles.
Les "québécismes" qui n'existent pas en anglais
Votre enfant utilise “chum” pour dire boyfriend, “char” pour car, ou “close” pour fermer les lumières. Ces mots existent dans le français québécois et sont parfois compris au Québec, mais ils sont incompris ailleurs. L’enfant pense que c’est de l’anglais standard. Ce n’est pas une erreur d’anglais au sens strict, mais cela crée des expressions idiomatiques qui bloquent la communication avec un interlocuteur non québécois.
Les erreurs de production écrite : le calque syntaxique
La structure "Je suis allé" calquée
En français, on dit “Je suis allé à l’école”. L’auxiliaire “être” porte le passé. L’anglais n’utilise jamais “to be” comme auxiliaire de mouvement dans le passé. Votre enfant écrit “I am gone to school” ou “I am arrived”. C’est un calque syntaxique direct du passé composé français avec être. La correction est “I went to school” ou “I arrived”.
Les phrases longues et complexes
Le style français académique valorise les phrases longues, les subordonnées empilées, les relatives en cascade. “The teacher who is nice and who gives good homework and who helps us when we have a problem…” L’anglais, lui, privilégie la concision. Deux phrases courtes valent mieux qu’une phrase interminable. Cette structure de phrases alambiquée vient des habitudes de rédaction françaises. Elle pénalise l’expression écrite en anglais, où la clarté prime sur la complexité.
Aider votre enfant à reprendre confiance en anglais
Quand les difficultés persistent, un accompagnement personnalisé peut aider votre enfant à revoir les bases, comprendre ses erreurs et progresser plus sereinement avec un tuteur d’anglais adapté aux francophones.
Quand les erreurs s'accumulent : le risque de blocage
Si ces erreurs ne sont pas corrigées rapidement, elles s’enkystent et l’enfant développe un blocage affectif face à l’anglais chez l’enfant — convaincu qu’il ne sera jamais bon. Il cesse de prendre des risques à l’oral. Il recopie des textes sur Internet pour éviter de produire ses propres phrases. Il déclare “je suis nul en anglais” comme si c’était une fatalité. Ce n’est pas le cas. C’est le résultat d’un cumul de petites erreurs linguistiques non identifiées.
Comment corriger ces erreurs : stratégies par type de faute
Identifier ces erreurs est la moitié du travail. L’autre moitié consiste à appliquer des stratégies de correction ciblées par type d’interférence pour inverser la tendance.
La méthode du "drill ciblé" pour les erreurs grammaticales
Cinq minutes par jour sur une structure précise. Une semaine sur le do support. Une semaine sur les verbes irréguliers. Une semaine sur l’accord sujet-verbe. La pratique régulière isolée fonctionne mieux qu’une heure de révision générale où l’enfant noie ses erreurs dans un flot de contenu.
L'écoute active pour les erreurs phonétiques
Des podcasts adaptés au niveau de l’enfant, des exercices de prononciation enregistrés et réécoutés, des dialogues interactifs en ligne. L’enfant doit entendre la différence entre “ship” et “sheep” avant de pouvoir la produire. La reconnaissance vocale de certains outils de vérification peut l’aider à visualiser ses erreurs phonétiques, mais elle ne remplace pas une oreille humaine qui corrige en temps réel.
Les flashcards de faux amis pour les erreurs lexicales
Une flashcard par faux ami. Face avant : le mot français. Face arrière : le vrai sens anglais + la traduction correcte + une phrase exemple. La révision espacée ancre le bon réflexe. C’est plus efficace que la mémorisation en liste.
Retour au diagnostic : votre enfant fait-il ces erreurs ?
Si vous reconnaissez plusieurs de ces fautes dans les devoirs de votre enfant, reprenez notre guide complet de diagnostic des difficultés en anglais pour évaluer la gravité de la situation. Et pour comprendre l’origine neurologique de ces fautes, consultez notre analyse des interférences linguistiques du français québécois vers l’anglais.
Lorsqu’un enfant cumule plus de cinq erreurs structurelles différentes, un diagnostic par un tuteur spécialisé en anglais langue seconde permet de prioriser les corrections et d’établir un plan de remédiation ciblé.
Questions fréquentes des parents
Mon enfant fait toujours les mêmes fautes malgré les corrections, est-ce normal ?
Oui, c’est le propre du calque linguistique. Une erreur grammaticale corrigée une fois ne disparaît pas instantanément. Le cerveau a besoin de quinze à vingt répétitions correctes pour remplacer un vieux réflexe par un nouveau. La pratique régulière et le drill ciblé sont plus efficaces que la correction sporadique.
Quelle est la différence entre un faux ami et une traduction directe ?
Un faux ami est un mot qui ressemble à un mot français mais a un sens différent (actually vs actuellement). Une traduction directe est une structure française transposée mot à mot en anglais (“I am agree”). Les faux amis sont lexicaux. Les traductions directes sont syntaxiques ou grammaticales. Les deux viennent de la même source : l’importation des règles françaises dans la langue étrangère.
Pourquoi mon enfant confond le past simple et le present perfect ?
Parce que le français n’a qu’un seul passé composé. L’anglais distingue le past simple (fait terminé, date précise) du present perfect (lien avec le présent, absence de date). Le cerveau francophone ne perçoit pas cette distinction parce qu’elle n’existe pas dans sa grammaire française. Il faut explicitement apprendre les cas d’usage avec des exemples concrets.
Les cours d'anglais en ligne corrigent-ils ces erreurs spécifiques ?
Les cours d’anglais en ligne généralistes corrigent les erreurs, mais rarement en expliquant leur origine française. Un cours particulier ou un accompagnement spécialisé en anglais langue seconde est plus efficace parce qu’il cible les interférences spécifiques du français québécois. Les exercices en ligne standardisés ne voient pas la différence entre une faute d’inattention et une interférence phonétique structurelle.
Mon enfant prononce mal le "th", est-ce grave ?
C’est une erreur orange. À l’oral, “sink” au lieu de “think” change le sens. Mais c’est aussi l’une des plus faciles à corriger une fois identifiée. Quelques exercices de prononciation ciblés sur le placement de la langue entre les dents suffisent généralement à résoudre le problème en quelques semaines.
Comment savoir si mon enfant a besoin d'un tuteur ou s'il peut corriger ses erreurs seul ?
Si votre enfant fait moins de trois erreurs structurelles récurrentes et qu’il arrive à les auto-corriger quand vous lui signalez, le soutien familial suffit. S’il cumule plus de cinq erreurs différentes, s’il répète les mêmes fautes malgré vos corrections, ou s’il développe une anxiété face à l’anglais, un accompagnement spécialisé devient nécessaire.
Nos EXPERTS sauront être à l’écoute de vos besoins rapidement!
Ce que nos familles disent de nous
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Basée sur 278 avis


Olivia Guthrie
Les tuteurs sont qualifiés et professionnels. Mention spéciale à Mellisha, la tutrice de notre fille, qui nous a offert un service exceptionnel. Merci!

Nathalie Cloutier
Excellent service! La qualité, la compétence et la communication avec Mme Ondine est remarquable.
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Virginie Verbaere
Nous adorons les services de Geneviève pour faire réviser le français de notre fils l’été. Elles est tellement stimulante ! les résultats sont extras !!!!



