Pour bien commencer l’année au secondaire

Jean-Pierre Marceau, enseignant au secondaire

Polyvalente de Black Lake, CS des Appalachespour bien commencer l'année sosprof

 

 

La rentrée au secondaire peut être stressante pour des jeunes de 12-13 ans et tout autant pour les parents qui voient leur petit entrer dans le monde des grands. Pour bien commencer l’année au secondaire, voici quelques conseils pour assurer une transition réussie à votre enfant.

 

« Tu vas voir au secondaire… »

La première chose est d’identifier ses angoisses (et les vôtres). Cela ne donne rien de les banaliser. Il faut écouter votre enfant et identifier ses craintes (ex. : se perdre, ne pas avoir d’amis, échouer, etc.). Toutefois, il ne faut pas les amplifier non plus ou en parler constamment ou pire, lui faire des peurs exagérées : la grandeur des lieux, la violence, les mauvaises influences, la charge de devoirs, la drogue, l’échec… Votre enfant ne sera pas confronté à cela la première semaine !

  • Faites une visite de l’école avant le début des cours afin de se familiariser avec les lieux ;
  • Partagez vos bons souvenirs du secondaire ;
  • Soyez attentif à des changements d’humeur ou d’attitude.

La commission scolaire de la Capitale a fait un site qui répond à plusieurs interrogations d’élèves. Cela vous permettra de répondre à plusieurs questions.          http://monsecondaire.com/premieres-journees-ecole-secondaire/

« Il est rendu au secondaire, j’ai décidé de le laisser faire pour la première étape. »

Erreur ! C’est là qu’il a le plus besoin de vous ! L’intention de le laisser prendre ses responsabilités est noble. Toutefois, il faut y aller graduellement.

  • Il faut vérifier l’agenda. Écrit-il ses devoirs, ses tests à venir et les notions à réviser ? Si tout est blanc dans son agenda durant le premier mois, vous avez une indication claire qu’il faut avoir une discussion avec votre enfant. Si tout va bien, graduellement, vous espacerez les vérifications. Dans le cas contraire, tentez de comprendre pourquoi il ne note rien et informez l’école rapidement.
  • Les devoirs devraient se faire dans un endroit où vous avez accès facilement. Que ce soit au sous-sol, dans la cuisine ou dans le salon même, le lieu importe peu, pourvu que vous puissiez jeter un coup d’œil occasionnel à ce que fait votre enfant. Laissez-le choisir le moment qui lui convient. Bien entendu, si votre enfant est habitué à faire ses devoirs avec vous, n’arrêtez pas parce qu’il arrive au secondaire. Allez-y graduellement.

 

« Je ne peux plus l’aider, tous les termes ont changé. »

Le prédicat, ça ne vous dit rien ? C’est normal ! Toutefois, votre enfant en a entendu parler, lui, dans son cours. La notion est expliquée dans ses cahiers. De plus, il existe des dizaines de sites qui expliqueront ce que c’est. Il y a même des vidéos sur YouTube. Il pourra peut-être vous l’expliquer ensuite. Évitez d’avoir des réactions négatives, cela banalisera l’apprentissage.

Au secondaire, votre responsabilité est de l’accompagner, de le soutenir, de l’encourager et de le guider.  L’important est de cultiver sa curiosité en cherchant les réponses avec lui, pas à sa place.

« Il n’a pas beaucoup de devoirs.  Je ne le vois jamais ouvrir ses livres à la maison. »

Un classique qui revient chaque année ! Il est possible que les enseignants n’aient pas donné de devoirs, mais il est impossible que l’élève n’ait rien à faire, surtout pas à tous les jours.

La charge de travail est différente au secondaire. Finies les leçons à la fin de la semaine, la feuille de route qui indique ce qu’il faut faire pour la semaine suivante et les listes de mots à apprendre. Il est donc normal que, une semaine, la charge de travail soit moins grande et que, la semaine suivante, elle soit surchargée. Eh non, ce n’est pas un complot de profs pour faire suer les élèves.

« Je ne comprenais rien. »  « J’ai oublié mes cahiers. »  « Je n’ai pas eu le temps. »

Face à cette charge de travail irrégulière, certains stresseront, d’autres abdiqueront et inventeront ces excuses classiques. Ce sont des échappatoires qui peuvent mener à la démotivation ou à l’échec à court ou moyen terme. Bien entendu, ils peuvent être vrais, mais s’ils sont répétés, il faut agir.

  • Votre enfant doit s’assurer de comprendre au fur et à mesure. Comment ? En posant des questions à ses enseignants, en relisant ses notes de cours, en faisant son étude avec des amis, par exemple.
  • Un peu à tous les jours. Même si l’enseignant n’a pas donné de devoirs, votre enfant devrait prendre le temps de refaire des exercices de mathématique et de grammaire, de réviser les notions vues durant la journée en univers social ou en sciences ainsi que de relire ou de réécrire ses notes de cours. Cela évitera une étude intensive.
  • Vous pouvez lui demander de vous redire ce qu’il a appris ou retenu de ses cours.

En somme, avec l’arrivée de votre enfant au secondaire, votre rôle de parent change. Vous passez d’un rôle principal à un rôle de soutien très important. Pour bien commencer l’année au secondaire, restez à l’affût du travail, de la motivation et de l’humeur de votre enfant.