La motricité fine : les 4-5 ans, bougeons nos doigts !

5 conseils pour travailler la motricité fine

 

Gabrielle Maccabée, ergothérapeute

Emmanuelle Boulianne-Depairon, ergothérapeute

Patricia Archambault, ergothérapeute

Clinique Ergothérapie Enfance

 

En contexte scolaire, la motricité fine est une composante qui est sollicitée quotidiennement, que ce soit dans l’utilisation des crayons, des ciseaux, de l’aiguisoir, de l’ordinateur ou des outils de bricolage, l’élève est appelé à contrôler ses petits doigts à maintes reprises. À cela s’ajoute la manipulation des boutons, des lacets ou des fermetures éclaires des vêtements.

 

Définition 

La motricité fine est l’ensemble des mouvements fins voulus et contrôlés par l’enfant pour manipuler de petits objets. Pour manipuler les petits objets, l’enfant doit développer la force des muscles de sa main, sa capacité à bouger les doigts séparément l’un de l’autre, sa capacité à adopter certaines positions voulues avec les doigts et à utiliser efficacement la pince pouce-index.

Voici les étapes du développement attendu en motricité fine pour les enfants de 3 à 5 ans :

 

Comment la motricité fine se développe-t-elle ?

D’abord, il faut savoir que les habiletés en motricité fine découlent d’abord d’un bon contrôle du centre du corps (tronc) et de la ceinture scapulaire. Effectivement, la stabilité du tronc, de l’épaule, du coude et du poignet va ultimement permettre à l’enfant d’exercer un meilleur contrôle au niveau des mouvements de ses doigts, ce qui est nécessaire pour les tâches de motricité fine.

 

L’objectif : on bouge nos doigts !

Dans une classe de maternelle, chaque élève possède des capacités différentes en termes de motricité fine et progresse à son propre rythme, ce qui est normal. Le but de cet article est donc de proposer des stratégies ou des outils utiles pour stimuler la motricité fine des enfants de 4-5 ans. Plus l’enfant a des occasions d’apprentissage variées, plus il aura la chance de développer sa musculature et son contrôle des doigts (ce qui sera pertinent, entre autres, pour le contrôle du crayon à l’écriture).

 

  1. Varier les contextes de coloriage

Laisser place à votre créativité afin de varier les contextes de coloriage ! En modifiant le contexte (surfaces de travail, position à la tâche, médium utilisé), cela suscite la motivation de l’enfant en plus de lui offrir la possibilité de travailler différentes structures de son corps. Exemples :

  • Dessiner sur une fenêtre ;
  • Dessiner en étant couché sur le ventre ;
  • Utiliser différents types de crayons* (vibrants, cire, bois, craies au sol, pinceau, etc.).

 

*Sachez qu’il est nécessaire de prioriser l’utilisation d’autres types de crayons que les feutres, car ces derniers offrent peu de résistance et donc, requièrent moins de contrôle des doigts.

 

  1. Intégrer les pinces à linge

Les pinces à linge sont utiles puisqu’elles stimulent la force des doigts, l’opposition du pouce et de l’index ainsi que la coordination bimanuelle. Les activités les impliquant sont simples à concevoir et pourtant très intéressantes pour lesmotricité fine - sosprof enfants. Exemples :

  • Épingler des vêtements (préalablement découpés) sur une corde à linge ;
  • Construire une cage à lions en disposant les pinces autour d’une boîte à chaussures ;
  • Transférer des objets précieux dans un coffre aux trésors, etc.

 

  1. Manipuler de la pâte à modeler

Cette activité indémodable est un bon médium thérapeutique. La pâte à modeler offre en fait aux enfants de belles opportunités de travail de la motricité fine, comme la force et la dextérité des doigts ainsi que la coordination bimanuelle.

Voici quelques jeux simples : faire 4 petites boules avec le pouce en opposition avec chacun des doigts, rouler pour faire un long serpent sur la table, concocter une pâte à pizza et la couper avec fourchette/couteau, planter des cure-dents dans une boule de pâte à modeler, etc.

 

  1. Enfiler des billes à collier

motricité fine - sosprofL’utilisation de billes à collier sollicite plusieurs éléments en lien avec la motricité fine, tels que la dissociation des doigts, la pince pouce-index et la coordination bimanuelle. Pour varier les défis et les opportunités, intégrer des billes de différentes grosseurs, de différents types de reliefs ou encore de différentes grosseurs du trou central.

Voici quelques exemples d’activités : enfiler les billes sur différents médiums (corde, cure-pipe, paille, etc.), demander aux enfants de prendre 3 billes dans leur main dominante et d’aller les enfiler une à une sans s’aider de l’autre main, etc.

 

 

 

  1. Bouger le corps entier

Finalement, tel qu’expliqué brièvement plus haut, la motricité fine est grandement influencée par le contrôle postural. C’est pourquoi il est important d’intégrer des jeux moteurs dans le quotidien des enfants afin qu’ils apprennent à mieux ressentir et contrôler leur corps.  Faites des parcours de jeux, allez grimper au parc, suspendez-vous aux barreaux, rampez au sol… Sans s’en rendre compte, l’enfant travaille ses préhensions, sa coordination œil-main, sa latéralité et sa dissociation des segments.

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Bref, choisissez n’importe quelle activité qui stimule les mouvements du corps dans l’environnement !


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Pour d’autres activités ludiques permettent de développer ces habiletés :

 

Pour savoir comment Ergothérapie Enfance peut vous venir en aide, suivez le lien suivant :

Comment l’ergothérapeute peut aider votre enfant à développer les préalables scolaires ?