DE L’IMPORTANCE DE LA LECTURE PARTAGÉE

Avantages de la lecture partagée

Nicole Carty,  orthophoniste

 

 

la lecture interactive - sosprof - Karine Boom

À l’Université de Stavager, en Norvège, une étude de 2015 conclut à un lien significatif entre les habitudes de lecture à la maison, depuis la petite enfance, et les progrès que les enfants effectuent, en apprentissage de la lecture, une fois arrivés à l’école. Les attitudes parentales par rapport à la lecture, le nombre de livres à la maison, l’âge à laquelle les parents commencent à lire à leurs enfants, et la fréquence à laquelle ils s’y adonnent, constituent des facteurs déterminants pour le degré de préparation des enfants à l’enseignement formel de la lecture.

Selon cette même étude, la lecture partagée réalisée dès la petite enfance, sur une base régulière, influence positivement le développement du vocabulaire et de la conscience phonologique de l’enfant.  En effet, lire à un enfant, avant même que celui-ci ait prononcé ses premiers mots, influence le nombre de mots qu’il apprendra. Selon cette étude, dès la rentrée de la maternelle, les enfants qui avaient bénéficié de lecture partagée de livres avant l’âge de 2 ans possédaient un vocabulaire presque deux fois plus riche que leurs pairs qui n’avaient pas eu cette chance.

Toujours en ce qui concerne le développement du vocabulaire, dans une étude de l’Université de Chicago (2007), un programme multidimensionnel incluant la lecture partagée combinée à l’opportunité de produire des mots de vocabulaire à voix haute, a conduit à une amélioration significative du vocabulaire chez les enfants concernés.

D’autre part, selon Dickinson & Porche (2011), lors d’activités de lecture partagée au préscolaire, le fait d’engager l’enfant dans des conversations sur l’histoire, et sur le sens des mots, est associé à de meilleures performances en vocabulaire en fin de maternelle. De telles performances perdurent même jusqu’en 4e année.

Le vocabulaire : la clé pour la compréhension de textes

Selon l’étude de l’Université de Stavager (2015), plus l’enfant a un vocabulaire riche, plus il est facile pour lui de bien comprendre la matière enseignée. Et, selon Dickinson & Porche (2011),  les efforts de l’adulte pour retenir l’attention de l’enfant en contexte d’activités de lecture partagée sont aussi liés à de meilleures performances en compréhension. Puis, selon une revue de la littérature scientifique dans le Journal Médical Britannique (BMJ, 2008), expliquer le sens de l’histoire, décrire les images dans le livre, encourager l’enfant à discuter du contenu et à poser des questions contribue à améliorer sa compréhension du monde, ainsi que ses habiletés sociales.

https://parlonsapprentissage.com/author/pascall/

 

La lecture partagée interactive

Ainsi, selon le British Medical Journal (2008), le style de lecture a plus d’importance que la quantité de la lecture. Un style plus interactif, avec un effort pour expliquer de nouveaux mots et les motivations des personnages, par exemple, a un impact plus positif sur le développement du langage oral et écrit qu’une lecture davantage orientée sur la description d’images ou la dénomination d’objets dans les images.

Puis, d’après Shayne et al. (2012), une modification discrète de la manière de lire à l’enfant résulte en des changements positifs du développement de ses habiletés en langage écrit; il s’agit de faire des remarques spécifiques sur ce qui est écrit. Par exemple : pointer du doigt quelques lettres ou mots écrits; montrer les majuscules; ou encore, montrer qu’on lit de gauche à droite et de haut en bas, etc. Dans cette étude, les enfants ayant bénéficié de remarques spécifiques sur l’écrit, en contexte de lecture partagée avec l’adulte, démontraient de meilleures performances en langage écrit, même deux ans après l’expérience, comparativement à leurs paires qui n’avaient pas bénéficié de la mise en place de ces stratégies, avec des résultats supérieurs aux épreuves de lecture de mots, d’orthographe et de compréhension de textes.

http://capsurlaprevention.csphares.qc.ca/

 

Des avantages qui se maintiennent au cours du temps

Enfin, selon le British Medical Journal (2008), les enfants qui bénéficient de la lecture partagée au préscolaire ont non seulement des avantages significatifs au niveau du développement de leurs habiletés orales et écrites, ils ont également davantage tendance à développer le ‘’goût’’ de la lecture. Et, ces avantages acquis persistent au cours de leur scolarité.

Références :

BMJ-British Medical Journal. « Children Better Prepared For School If Their Parents Read Aloud To Them. » ScienceDaily. ScienceDaily, 12 May 2008.

David K. Dickinson, Michelle V. Porche. Relation Between Language Experiences in Preschool Classrooms and Children’s Kindergarten and Fourth-Grade Language and Reading Abilities. Child Development, 2011; 82 (3): 870. Vanderbilt University. « Robust preschool experience offers lasting effects on language and literacy. » ScienceDaily. ScienceDaily, 19 August 2011.

University of Chicago Press Journals. « Non-native Kindergarteners Learn Vocabulary Faster Than Native English-speakers WIth The Right Lessons. » ScienceDaily. ScienceDaily, 27 April 2007.

University of Stavanger. « Home reading environment is crucial for children’s reading skills. » ScienceDaily. ScienceDaily, 14 October 2015.

Shayne B. Piasta, Laura M. Justice, Anita S. McGinty, Joan N. Kaderavek. Increasing Young Children’s Contact With Print During Shared Reading: Longitudinal Effects on Literacy Achievement. Child Development, 2012. Ohio State University. « Preschoolers’ reading skills benefit from one modest change by teachers. » ScienceDaily. ScienceDaily, 17 April 2012.