La lecture à voix haute pour contrer les défis du langage écrit

Une enseignante lit des livres à sa classe  : chapeau !

Rédaction : Nicole Carty orthophoniste pour le blogue SOSprof

La lecture à voix haute pour contrer les défis du langage écrit. Reading aloud to address written language challenges. SOSprof. SOSteacher

Le défi

Aussitôt qu’un enfant entre dans l’apprentissage de la lecture, on oublie qu’il n’est pas encore lecteur…

Ainsi, s’attendrait-on à ce qu’il devienne lecteur en labourant à travers des textes correspondant à son niveau de décodage actuel? Mieux encore, s’attendrait-on à ce qu’il développe le fameux « plaisir » de lire en s’acharnant à développer l’exactitude et la fluidité de sa lecture?

Soyons logiques : les enfants apprenti-lecteurs bénéficieraient vraiment de recevoir, par les oreilles, les textes écrits correspondant à leur niveau de compréhension de lecture … en attendant que leurs capacités en décodage atteignent le même niveau. Et, si personne ne leur lit les textes correspondant à leur niveau de compréhension et de réflexion, pour titiller leur curiosité, les enfants apprenti-lecteurs ne peuvent même pas imaginer l’intérêt d’apprendre à lire au-delà du fait que c’est un rite de passage laborieux et obligatoire.

Or, sans la capacité de lire de manière fluide, l’école devient inaccessible.

 

L’accès au langage écrit

En réalité, il se peut qu’il y ait un décalage de plusieurs années entre ce qu’un enfant/ado est capable de lire de lui-même et les textes qu’il est capable de comprendre si c’est un adulte qui les lit pour lui. Et, entre l’âge de 6-7 ans et 10-12 ans, si l’enfant ne parvient pas à devenir un lecteur avide, il manque d’expériences cruciales avec les textes écrits. Or, il n’en manquera pas, lecteur ou pas, s’il a un adulte qui lit pour lui.

Ainsi, en attendant que la lecture devienne accessible, la responsabilité revient aux adultes de lire aux enfants/ados pour qu’ils puissent bénéficier, par les oreilles, de la multitude de bénéfices langagiers, culturels et communicatifs contenus dans les textes narratifs et documentaires.

Lien 1 : https://fabriquedespetitslecteurs.ca/fiche/formation-la-lecture-interactive-enrichie/

 

Le modèle

Dans ce contexte, l’acte de lire pour toute une classe est un acte des plus sérieux dans l’ensemble des démarches pédagogiques mis en place pour soutenir les élèves apprenti-lecteurs. Lire pour sa classe envoie un message clair : lire, est assez important pour occuper une période d’enseignement!

L’enseignante qui lit à voix haute à l’enfant/ado lui donne accès au vocabulaire, aux structures de phrases complexes, au raisonnement inférentiel et à la compréhension d’une variété de genres de textes. Par ailleurs, les activités de lecture développement l’attention, la mémoire et les connaissances générales.

Ainsi, prendre une période par semaine pour lire un livre à l’ensemble de la classe d’élèves fait alors partie des démarches les plus importantes pour initier les enfants/ados à la lecture.

Lien 2 : https://enseignerlitteraturejeunesse.com/2020/06/20/le-livre-que-tous-les-enseignants-devraient-lire-ou-relire-cet-ete/

 

Quoi lire ?

Combien d’enfants, entre les âges de 8 et 16 ans, ont la chance de se faire lire des textes à la maison? Certainement la même quantité qui se fait dire : « il faut que tu lises plus! ». Oui, mais quoi lire? C’est bien le problème…

Les enseignantes passionnées de la lecture sont les professionnelles expertes pour sélectionner une variété de textes qui donnent le goût de lire aux enfants/ados. Ces mêmes enfants/ados peuvent en parler à la maison et de là inciter leurs parents à leur parler des textes pertinents à leurs origines culturelles.

Selon les âges, on proposera des textes variés. Cela peut être des romans d’auteurs pour la jeunesse; des histoires fantastiques de Maupassant; les textes en prose de Shakespeare ou encore des mythes et légendes du monde, etc.

Lien 3 : https://www.erudit.org/fr/revues/qf/2007-n145-qf1178006/47314ac.pdf

 

L’acte de lire à voix haute

Alors, le principe est simple : tant que les enfants/ados ne prennent pas d’eux-mêmes les livres pour les dévorer, la tâche de leur donner le goût de lire revient aux adultes. Alors, les enseignants qui lisent à voix haute aux enfants devraient recevoir nos acclamations et notre respect!

 

Pour conclure, je tire mon chapeau à tous les enseignants qui lisent à leurs élèves en classe. Étant donné la portée de cet acte dans la vie des futurs lecteurs, je pense qu’ils méritent notre admiration et notre soutien inconditionnel.

 

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